dimanche 8 octobre 2017

Le collier de cailloux. Poèmes de passage - Doina Ioanid (2017)


Merci à Babelio et à l'Atelier de l'agneau pour l'envoi de cette bulle rafraîchissante de poèmes en prose intitulée Le collier de cailloux. Poèmes de passage, composée par l'écrivaine Doina Ioanid et traduite par Jan H. Mysjkin.

Minute, je vérifie si je n'ai pas oublié de lettres, ou si je ne les ai pas alignées dans le désordre.. Non, c'est bien ça : Mysjkin. Bravo à lui pour son travail d'orfèvre et ses commentaires qui m'ont donné quelques clefs de lecture. 






"La retraite vous semble encore loin, mais je vous assure qu'elle arrive vite !" nous disait M, la doyenne du collège lors de l'heure syndicale. Attroupés autour d'elle, les autres professeurs listaient leurs doléances de rentrée et évoquaient la question de la grève contre la Loi Travail prévue le mardi suivant. 

On aurait pu lui répondre que la maladie et la mort arrivent tout aussi rapidement, parfois même bien avant la retraite. Mais l'intervention aurait été perçue comme déphasée, sans nul doute. De toute manière, on n'interrompt pas M, du moins pas lorsqu'elle surplombe un auditoire, quand bien même ce serait pour aller dans son sens. C'est ainsi, ne me demandez pas pourquoi ; la situation était telle avant mon arrivée dans l'établissement, et quitte à mener une révolution, j'aimerais autant que ce soit pour une cause utile aux gosses.


Pourtant, on aurait été dans le sujet, pleinement. En lisant Le collier de cailloux. Poèmes de passage, je me suis souvenue de quelques vérités par toujours bonnes à entendre : le temps passe, la vie passe avec lui, la fin arrive inéluctablement. 



Eh ouais, désolée Stefan ! 

Plus que "le collier de cailloux", c'est le sous-titre "poèmes de passage" qui rend le mieux l'atmosphère de cet assemblage poétique. A travers des fragments choisis _ou pas ! de sa vie, Doina Ioanid nous prouve par A + B que l'existence est une route sur laquelle on n'a d'autre choix que de marcher sans s'arrêter. On avance sans pouvoir ni se retourner, ni stopper sa progression le temps de reprendre des forces, de guérir ou tout simplement de savoir ce qu'on veut, ni s'attarder à voir ce qui rend les autres heureux ou malheureux. 

Pourtant, tout serait tellement plus simple et vivable si on pouvait appuyer sur pause, ou déposer ce fameux "collier de cailloux" que forment toutes les expériences de notre vie et qui finit par peser trop lourd. Au point de nous entraver. On remarquera que, sauf erreur de ma part, le "collier" qui donne son titre à l'ouvrage n'est évoqué qu'une seule fois, quelque part au milieu du flot de poèmes. 


"J'ai un collier de petits cailloux. Je les ai ramassés dans les gares, sur les routes asphaltées au ballast, dans les carrières abandonnées, dans mes chaussures, dans les fontaines de nouvelles terrasses, dans les cabas des copains."



Comment ça, vous "n'aimez pas"



Dans la deuxième partie du recueil, celle de la "lettre à Papy Dumitru", c'est le passage d'un monde à l'autre qui est évoqué. Six ans avant l'écriture du recueil, Doina Ioanid _on peut affirmer sans trop se mouiller qu'elle parle d'elle, mais dites-moi si je me trompe ! a perdu son grand-père. Le travail de deuil est difficile. L'homme est passé de "l'autre côté", comme on dit, mais la petite-fille vivante s'efforce à bout de bras de maintenir ouverte la porte coupe-feu. Entre souvenirs d'enfance, idéalisation du grand-père à la vie rustique, et colère d'avoir été lâchement abandonnée par lui, l'auteure ne s'en sort pas. Elle "n'avance" plus, elle ne "passe" plus, elle fait une "glissade ininterrompue" depuis la mort. Ce second chapitre est particulièrement émouvant.    



La mine d'or Playmobil (hihi, je l'ai :-p)
Pourquoi là, maintenant ? Vous verrez bien

La poésie a ceci d'agaçant qu'on ne réussit jamais à percer ses mystères ; c'est l'art du message crypté dans sa forme la plus littéraire. Le collier de cailloux est un recueil très personnel _pourrait-il en être autrement ? et, si bien des passages nous touchent et font écho à nos propres expériences, on a le sentiment de ne pas tout comprendre, de ne pas saisir pleinement l'importance et la valeur de ce qui est dit. On sort troublé de cette lecture, et quelque peu frustré. L'impression d'avoir loupé un chapitre. Alors on relit. On voit autre chose, on comprend le texte différemment, mais... comment être sûr d'avoir compris et/ou ressenti ce qu'il fallait ? Bah, c'est aussi ça, la poésie ! A vous de piocher dans la mine d'or, il y a encore tant à trouver, à voir, à dire ! 

Doina IOANID. Le collier de cailloux. Poèmes de passage. Atelier de l'agneau, 2017. Trad. Jan H. Mysjkin. 70 p. ISBN 978-2-37428-007-3 



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L'écriture vous passionne ou vous intrigue ? Allez voir ce site sur lequel je suis tombée, il est grave stylé très intéressant.

mercredi 13 septembre 2017

Sweet Sixteen - Annelise Heurtier (2013)





A la fin des années 1950, à Little Rock dans l'Arkansas. les jeunesses se passent mais ne se rencontrent pas. D'un côté, les lycéennes Blanches n'ont d'autre préoccupation que le choix de leur robe et de leur chanteur préféré : Johnny Mathis ou Elvis Presley ? De l'autre, les jeunes Afro-américaines habituées à se contenter des miettes de leurs homologues WASP et condamnés à travailler dur pour survivre à la ségrégation ambiante. Pourtant, les mentalités changent tout doucement d'un coin à l'autre des Etats-Unis, au grand dam d'une population majoritairement raciste qui vit ce progrès comme une agression.

C'est dans ce contexte trouble que neuf élèves Noirs entrent au Little Rock Central High School, lycée jusqu'alors exclusivement fréquenté par des Blancs. Nous sommes en septembre 1957 ; la ségrégation raciale est éradiquée depuis un an. Officiellement. Les jeunes peuvent donc fréquenter l'école qu'ils souhaitent, s'asseoir où ils veulent dans le bus, faire leurs courses dans tous les commerces... quelle que soit leur couleur. Officiellement, toujours.





La réalité du quotidien est bien différente ; lorsque les Neuf débarquent dans l'établissement, c'est la panique du côté des élèves comme de celui des parents ! Que vont devenir les adolescents "respectables" si on les laisse en contact avec des jeunes couramment considérés comme barbares, stupides et porteurs de maladies ? Quel métissage dépravé va donc naître de cette mixité ? Ce roman adapté d'une histoire vraie nous montrera que la connerie humaine est sans limites, et que le temps ne fait rien à l'affaire.




Molly fait partie de ces "nouveaux" indésirables. Comme ses pairs, elle s'est portée volontaire pour tenter "l'expérience" de la mixité, la tête pleine d'espoir et des beaux discours prônant l'égalité des races qu'elle a entendus à la radio. Son entourage n'est guère optimiste sur le futur proche de la collégienne, et nombreux sont ceux qui tenteront de la décourager : lorsqu'on est Noir, attirer l'attention sur soi n'augure jamais rien de bon. Il est au contraire bien plus prudent de faire profil bas. Pourtant Molly entrera bel et bien dans l'arène, sous le regard bienveillant de sa grand-mère Shiri.

Il ne faudra pas plus d'une journée de classe aux "Neuf" lycéens Noirs de Little Rock pour comprendre qu'ils ont atterri en Enfer : tous les coups seront permis _au sens propre comme au sens figuré ! pour les faire craquer, abandonner, ou causer leur expulsion.

Les Neuf escortés au lycée par l'armée.
Image trouvée dans l'article "Little Rock Nine" de Wikipedia

De l'autre côté de la barrière, Grace Sanders observe l'effervescence générale avec une indifférence propre à son âge et à son environnement social. Si la jeune Blanche pense "n'éprouver aucune sympathie particulière pour les Noirs", elle trouve exagérés les propos racistes tenus par sa mère, digne présidente de la "Ligue des mères blanches"...

Les chapitres se suivent dans une alternance de regards : celui de Molly la téméraire discrète qui, telle un roseau, plie mais ne casse pas, et de Grace, la fausse greluche superficielle. Il est intéressant de lire l'analyse qu'elles font des mêmes événements et de suivre l'évolution de leurs rapports. Au début, l'évitement est de mise, puis les personnalités s'expriment pour causer surprise, admiration, et peut-être un début d'amitié. Une chose est sûre, toutes deux partagent un objectif commun : faire de leur seizième anniversaire une journée inoubliable. 



Sweet Sixteen n'a pas volé son statut d'incontournable de la littérature pour la jeunesse ; facile à lire mais néanmoins cru et porteur d'un témoignage qu'il serait inconcevable d'enjoliver, ce roman d'Annelise Heurtier est à diffuser dans tous les CDI. A mon humble avis. D'ailleurs, j'ai souvenir qu'il nous ait été envoyé gratos avec les spécimens de manuels scolaires destinés aux enseignants : bonne initiative de Casterman, j'imagine ?

S'il n'a pas prétention à être une "leçon d'histoire", ce livre est riche en références culturelles et historiques relatives aux Etats-Unis de la fin des années 1950 : avant de lire ce livre, je n'avais jamais entendu parler des Neuf de Little Rock et c'était une vraie lacune. Que les jeunes et les moins jeunes puissent, eux aussi, la combler le plus vite possible, pour le bien de tous. Un court avant-propos nous indique quelle est la part de fiction dans cet ouvrage et qu'est-ce qui, au contraire, tient du fait réel.   

On appréciera les très belles illustrations de Djohr, et notamment celle de la couverture, très parlante.

Annelise HEURTIER. Sweet Sixteen. Casterman Poche, 2013. 220 p. ISBN 978-2-203-08458-2



dimanche 3 septembre 2017

Les Cités des Anciens - 8 - Le puits d'Argent - Robin Hobb (2013)


Un cycle se termine pour laisser place au suivant ! Voilà ce que nous nous disions l'été dernier, en fermant les cartons de déménagement. Eh oui, pour la petite histoire, mon cher collège jaune et biscornu est en cours de démolition ; une fois qu'il sera rasé, il renaîtra de ses cendres sous la forme d'un établissement moderne, lumineux, hi-tech, fonctionnel... et pourvu de bien d'autres qualités qu'il ne possédait pas vraiment jusqu'alors.   

En attendant, à nous les travaux, les préfabriqués, les escaliers métalliques qui tremblotent et les cloisons qui sonnent creux ! Il faut maintenant déballer les paquets, prendre nos marques... mais pas trop, car dans deux ans il faudra de nouveau bouger. 

Dans les Cités des Anciens aussi, on s'installe mais pas trop ! Si les dragons ne peuvent s'alimenter en Argent dans leur repaire de Kelsingra, à quoi bon y rester ? 




Où est-ce qu'on en était ? 


Les gardiens et les dragons sont toujours à la recherche du puits d'Argent qui assurera leur santé et leur longévité ; ils quadrillent les bâtisses imposantes, à l'affût de secrets ancestraux contenus dans les pierres de mémoire : mais comment procédaient-ils pour trouver, recueillir et utiliser ce métal magique ?

Malta et Reyn serrent les dents ; ils oscillent entre inquiétude et espoir car la survie du petit Phron dépend de leur efficacité. Un soir, Kanaï demande à Thymara de le suivre sans lui dire où il l'emmène...

L'horrible Hest se frotte les mains ! Fraîchement débarqué à Kelsingra, il a repéré sa femme et son amant ; bien qu'ils aient beaucoup changé et que tous deux semblent avoir trouvé chaussure à leur pied, il ne désespère pas de tirer son épingle du jeu en leur faisant du chantage. Mais la vie dans la Cité des Anciens n'est pas la même qu'à Terrilville...

A Chalcède, Selden se meurt auprès de la jeune Chassim ; le duc malade lui pompe tous les jours plus de sang en espérant se remettre d'aplomb grâce au fluide magique qui coule dans ses veines. Mais le jeune frère de Malta est à bout de forces... 


Cette fin de série est beaucoup moins prévisible que je ne le redoutais dans le billet consacré au tome 7, et c'est tout à fait appréciable ! Même si les Cités des Anciens m'ont un peu moins exaltées que les précédents cycles de Robin Hobb, je reconnais que ce final-là a un petit effet Têtes Brûlées goût pomme que je vous laisse découvrir de vous-même ! 


Le puits du Jeu de l'Oie

Une vie insignifiante 

La fin approche ! A qui donnera-t-elle sa part de bonheur et son lot de tuiles ?  

Pas à Kanaï, il n'existe plus vraiment. 

En se noyant dans la pierre de mémoire, Kanaï le loser insouciant devient Tellator, un guerrier imposant et craint de tous. Il est le premier à participer au combat des dragons contre les navires chalcédiens, à faire des rescapés des prisonniers puis des "otages" dont il pourra sous-tirer une rançon. Tous ceux qui le connaissaient se lamentent de le voir se faire peu à peu posséder par un conquérant mort depuis longtemps : quel gâchis, le brave Kanaï est en passe de perdre son âme, peut-on encore le sauver ? 

Mais au fait, est-ce vraiment souhaitable ? Souvenez-vous de l'adolescent qu'il était dans les premiers tomes... Un rigolo au physique filiforme qu'on ne remarquait que lorsqu'il entrait dans un excès de loufoquerie, un amant pour qui le sexe était un jeu comme un autre, le premier gardien a avoir été balayé par les eaux du désert des pluies... A cette époque, l'existence de Kanaï n'avait de valeur pour personne et il n'était même pas pleinement intégré dans le groupe des parias. L'Ancien de Gringalette _ vous voyez, même le nom de sa dragonne n'était pas crédible !_ avait tout à gagner en troquant sa personne vulnérable contre l'esprit charismatique de Tellator. Tellator le viril, le chef de guerre, celui qui n'a besoin que de claquer des doigts pour trouver une femme disponible et consentante.


Thymara n'est pas plus impressionnée par l'un que par l'autre, et c'est la seule ombre au tableau pour le chef des gardiens. Son refus de s'offrir à lui _malgré une insistance lourdingue_ cassera le lien qui les unit ; vexé, Kanaï se réfugiera dans le combat et dans tous les autres domaines qui lui réussissent. Décidément, le miracle du coup de foudre ne se sera pas produit avec la donzelle ailée ! 


Pourtant, les miracles existent dans Les Cités des Anciens - ATTENTION SPOILER 

Arrêtez-vous là si vous comptez lire le livre !

Selden et Tintaglia, séparés depuis les débuts de l'aventure, sont tous deux des miraculés ! Une âme charitable (et sentimentalement intéressée) les tire du pays des morts où ils avaient déjà posé un pied et demi. Chassim, la fille du duc de Chalcède, protège "l'homme dragon" dont le sang est sucé tous les jours, prête à le suivre dans le trépas. Mais il était dit que les amants maudits ne mourraient pas de la sorte ! Tintaglia est sauvée in extremis par le grave dragon mâle nommé Kalo, plus attentionné que cette brute épaisse de Glasfeu. Les retrouvailles de la reine des Trois Règnes et de son "petit chanteur" seront pour le moins fracassantes !


Robin HOBB. Les Cités des Anciens - 8 - Le puits d'argent. J'ai Lu, 2013. 320 p. ISBN 978-2-290-08598-1

dimanche 20 août 2017

Sur le tapis : P.P. Cul-Vert et le mystère du Loch Ness - Jean-Philippe Arrou-Vignod (1998)

Ceux qui me connaissent savent que j'ai installé dans ma chambre un petit tapis de course mécanique sur lequel je ne fais que marcher, mais qui m'est néanmoins d'une grande utilité lorsque je rentre du collège. Histoire de rentabiliser le temps passé dessus et de ne pas rester trop focalisée sur ma douleur _ça tire sur les mollets, l'air de rien, ce truc !, j'ai pris l'habitude de coincer un livre entre le "guidon" et le compteur de calories à l'aide d'une chaussette. A mon sens, c'est l'idéal pour concilier le goût de la lecture au besoin de se défouler. En outre, le guidon peut faire une excellente penderie. Après, chacun sa technique, hein ! 



Bref, tout ça pour dire que tous les comptes-rendus de lecture publiés ici-même ces deux dernières années sont, à quelques exceptions près, le fruit d'une lecture "sur tapis". Pourquoi ne pas ouvrir une catégorie dédiée ? Le premier de la liste sera l'une des aventures de P.P, un personnage incontournable de la littérature jeunesse : P.P. Cul-Vert et le mystère du Loch Ness


L'histoire 

Il était dit que rien ne séparerait Mathilde, Rémi et Pierre-Paul, le trio infernal du collège Chateaubriand, pas même les grandes vacances ! Alors que ses deux acolytes coulent des jours paisibles auprès de leurs familles respectives, Pierre-Paul Culbert, alias P.P Cul-Vert, les somme de le rejoindre en Ecosse le plus vite possible. Pour quelle raison ? Bonne question ! Si seulement P.P. pouvait arrêter de semer le mystère partout où il passe ! 

Pourtant, Mathilde et Rémi sautent dans le premier train et prennent la direction de Keays Castle, à deux pas du Loch Ness. Ils ne savent pas encore que le château de l'oncle Archibald de Culbert où P.P passe l'été leur réserve bien des surprises et des frissons. D'angoisse et de froid.




Après quelques embûches et pas mal d'incertitudes, ils arrivent à la gare ; mais sur le quai, pas de trace de P.P ! D'accord, il pleut à torrents et la nuit est tombée, mais il aurait quand même pu se bouger et les accueillir... Rémi et Mathilde sont pris en charge par Cornélia, une gouvernante colossale et mutique qui ne les rassure pas vraiment.

Leur agacement fait place à une franche inquiétude lorsque ils passent leur première nuit sans avoir vu ni entendu leur ami. Lui serait-il arrivé malheur ? Son absence a-t-elle un lien avec les rugissements d'un lion qu'on peut entendre depuis les chambres des "invités" ?

Le lendemain, un Pierre-Paul en kilt et au top de sa forme leur souhaite enfin la bienvenue. Il est prêt à présenter à ses amis sa nouvelle invention géniale : un appareil photo à déclenchement automatique et opérationnel de nuit ! En faisant _enfin ! visiter le domaine à Mathilde et à Rémi, il leur apprend que l'oncle Archibald n'est pas un simple milliardaire excentrique : c'est aussi un naturaliste détenteur d'un parc botanique et animalier impressionnant. D'où la présence de zèbres, de kangourous et de chimpanzés aux abords du château...


Tête de lion rugissant - Delacroix

Cancre aux manettes et amitié vache

Si je vous dis : un binoclard, une petite fille modèle et un bon copain un peu dans l'ombre ? vous me répondrez "Harry Potter" et vous n'aurez pas tort, sauf que la description correspond aussi aux trois personnages principaux de la série Enquête au collège dont P.P. Cul-Vert et le mystère du Loch Ness forme le cinquième épisode.


Imaginez maintenant que ce soit Ron, le "bon copain" (roux), qui vous raconte les aventures de Harry à travers ses yeux de second couteau plein de bonne volonté...

Voilà, vous avez un aperçu de la manière dont peuvent être racontées les aventures de nos apprentis enquêteurs. Rémi prend les rênes de la narration et, usant de la première personne, il devient le "héros" auquel le jeune lecteur s'identifie... avec facilité ! En effet, le personnage est beaucoup plus complexe et crédible qu'il n'y paraît : Rémi se définit comme un "cancre notoire" et ne semble pas avoir une très bonne opinion de lui-même.

"Je ne suis pas jaloux, mais je me sentais aussi insignifiant, au bout de cette table, qu'une crotte de souris"

On soupçonne un léger complexe d'infériorité que ses amis taquins confortent dès qu'ils en ont l'occasion, et sans aucune pitié. Pourtant, il est une sorte d'emblème pour les enfants "du ventre mou" du système scolaire _ car l'oeuvre de Jean-Philippe Arrou-Vignod peut être lue par les nouvelles cohortes de collégiens : ne pas "réussir à l'école" ne veut pas dire qu'on est con et que sa vie est ratée d'avance. Certes, sans Mathilde, la scolaire, la maligne, celle qui regarde les garçons de haut, Rémi aurait sans doute manqué son train pour Keays Castle : là où Harry et Ron traversent allègrement les murs pour rejoindre le quai 9 3/4 qui les conduira à l'école Poudlard, Rémi se plante de voie, se vautre dans les escaliers et renverse les bagages des gens. Mais sans lui, sans sa volonté, son esprit pratique et son sens de l'observation, Mathilde et P.P seraient passés à côté de bien des indices...

Ah, les amis, parlons-en ! Je n'ai pas lu la série, mais dans ce roman, l'auteur transcrit fort bien les rapports qu'entretenaient les préadolescents à la fin des années 1990, et je ne crois pas que les choses aient beaucoup changé depuis, quoiqu'on en dise. Ciao ! les binômes fusionnels à la vie à la mort trop beaux pour être honnêtes !

Ciao - Lucio Dalla


Frodon et Sam peuvent aller se coucher dans leur trou de Hobbits (ne cherchez pas de sens caché dans ces propos), Oksa Pollock n'a plus qu'à "volticaler" où elle veut, Gus Bellanger juché sur ses épaules ! Dans P.P. Cul-Vert et le mystère du Loch Ness, ça vanne toutes les deux minutes bien que ça se dise meilleurs potes... Tout le monde en prend pour son grade : Mathilde, "la fille", se fait régulièrement remballer par ses comparses un poil macho pour son côté précieux et chiant ; P.P, se prend pour un génie, mais aux yeux des deux autres, il est et restera "le gros" à lunettes ; quant à Rémi, on l'aura compris, il a une grosse étiquette de type sans cerveau collée sur son front. Néanmoins, quand les péripéties tournent au vinaigre, les trois enfants savent s'allier et prendre soin les uns des autres. Exactement comme les "vrais enfants" : plus ils se sentent bien ensemble, plus ils se frappent, s'insultent, s'engueulent... J'ai jamais trop compris ce mode de fonctionnement, mais c'est ainsi...


Oksa Pollock 1 - L'inespérée - Anne Plichota ; Cendrine Wolf


En conclusion 

J'appartiens à l'une des premières générations de lecteurs d'Enquête au collège, me semble-t-il, bien que je n'en aie jamais ouvert le moindre tome jusqu'alors. Eh bien, il me semble que ce livre a très bien traversé les époques et que, même si les traits d'humour des personnages sont quand même devenus un poil vieillots, et que leur candeur prête à sourire autant que leurs blagues, il reste intéressant pour les collégiens. Je ne désespère pas d'arriver à le prêter cette année... même s'il sort extraordinairement peu pour un roman qui porte le mot "cul" dans son titre ! A voir...

On appréciera les illustrations de Serge Bloch qui parsèment l'ouvrage pour notre plus grande joie et pour celle des admirateurs de Max et Lili ! Avouez que c'est un peu comme ça que vous imaginiez P.P, vous aussi !


Une lecture rafraîchissante comme on les aime en ce mois d'août, et par tous les temps à l'issue d'une session tapis !


ARROU-VIGNOD, Jean-PhilippeP.P. et le mystère du Loch NessGallimard, 1998. 137 p. ISBN 2-07-051849-3



vendredi 4 août 2017

Soyons sérieux - Les périodiques du CDI, carte mentale



Voici une (tentative de) carte mentale pour aborder la notion de "périodique" avec les collégiens. C'est un début... 


N'hésitez pas à me signaler toute erreur plus ou moins grossière, si besoin ! Du moment que vous le faites gentiment.... ;) 
 

mercredi 26 juillet 2017

Soyons sérieux : carte mentale des documents qu'on peut trouver au CDI


Lien de partage : https://www.spiderscribe.net/app/?771260d0bc4fadab8d7d73e8c7a71f1e
Petite carte mentale sans prétention et perfectible à souhait !
Comme la précédente, elle a été réalisée avec Spiderscribe.net.


Et bonne soirée ! 

dimanche 23 juillet 2017

Soyons sérieux : E-sidoc, le portail documentaire du CDI


Parce que ça faisait longtemps !



Ce matin, j'ai fait la découverte d'un nouvel outil de "mind mapping" plutôt sympa nommé: Spiderscribe.net ; histoire de le tester, j'ai tenté une présentation du portail documentaire du CDI. La "carte" produite vaut ce qu'elle vaut, elle est sûrement beaucoup trop chargée encore pour des collégiens, mais c'est un début ! A noter que Spiderscribe est très pratique et très intuitif... sauf pour créer ce qu'on pourrait appeler la "bulle-point de départ" _vous voyez de quoi je parle ! et j'avoue que ça m'a laissée perplexe pendant quelques instants. Mais en cliquant un peu partout on finit par y arriver. Ou sinon, ne faites pas comme moi et regardez la démo, tout simplement. 

Pour la suite, rien à dire si ce n'est que c'est bien la première fois que je peux organiser des idées où je veux, comme je veux, insérer des images, des liens hypertexte, exporter et partager. D'habitude, c'est fromage ou dessert avec ces bêtes-là.

A savoir qu'une version payante sans doute encore plus complète existe. Les points faibles rôdent forcément, mais je ne les vois pas encore. Après, chacun ses goûts, hein !  

Concernant la présentation du portail, je prends les commentaires, les signalements de fautes et les critiques (constructives, merci ^^). Le lien vers la carte est disponible sur demande.